Grande braderie dans le secteur du nettoyage

On connaissait le dumping social dans le transport routier, la construction ou le secteur de la viande. Voilà qu’il s’invite aussi dans le secteur du nettoyage. Déjà rudement touché par de multiples formes de concurrence - sous-traitance, travail au noir, faux indépendants… -, le nettoyage voit en effet débarquer maintenant une nouvelle forme de dumping social : celle des les travailleurs des ETA, les Entreprises de Travail Adapté. Exemple récent : la firme Laurenty a perdu un chantier à l’intercommunale carolo Igretec, chantier qui est revenu à une ETA, Les Villages numéro 1. Plusieurs travailleurs de Laurenty ont donc perdu leur emploi. 
« Ce que nous dénonçons, ce n’est pas le fait que des travailleurs handicapés se chargent du nettoyage, au contraire, nous sommes pour une intégration de la personne handicapée. Mais nous nous indignons du fait que les travailleurs des ETA accomplissent le travail de la commission paritaire 121 sans en avoir les avantages, comme par exemple la disposition transfert de chantier (CCT 32 bis) qui garantit le maintien des emplois durant 6 mois ou encore des catégories salariales plus élevées » dénoncent la CSC Alimentation & Services et la Centrale générale FGTB. 
Les deux organisations syndicales s’indignent aussi du fait que des intercommunales ou des administrations ne retiennent que le critère du prix sans considération pour les questions de « dumping social. Pour une catégorie 2 A, un travailleur du nettoyage gagne 12,38 € de l’heure. Pour un travailleur des ETA, ce sera 9,47 € (dont 50 % sont financés par la Région wallonne car il s’agit d’emplois subsidiés). 
Des travailleurs du secteur et des représentants syndicaux se sont rendus ce 24 février au Cabinet du Ministre de la santé et de l’action sociale et au siège de l’Igretec pour délivrer leur message : Si les travailleurs des ETA doivent faire du nettoyage, alors ils doivent se retrouver dans la bonne commission paritaire, sans quoi, c’est la porte ouverte à tous les abus !